Les retardataires ne fuient pas l’heure mais eux-mêmes

Jérémy Doyen, Hypnose Orleans
Sommaire

« Les retards répétés sont des signaux inconscients sur l’identité et la relation au temps » (source : Psychologies)

  • Derrière l’habitude d’arriver en retard se cachent souvent enjeux émotionnels profonds (pouvoir, réparation, identité).
  • Le retard peut agir comme une stratégie de survie contre une pression temporelle ressentie.
  • L’hypnose aide à révéler et transformer ces dynamiques pour retrouver un rapport plus serein au temps.

Quand être en retard dit plus sur soi qu’on le croit

Imaginez une scène ordinaire : vous attendez devant un café, le regard furtif sur votre montre. Dix minutes se sont écoulées. Quinze. Le cœur balance entre l’agacement, l’inquiétude, la résignation. Finalement, votre ami(e) arrive. Il ou elle souffle, s’excuse, promet que cette fois, c’est exceptionnel. Mais vous savez, au fond, que ce ne sera pas la dernière. Derrière ce retard banal, est-ce seulement un problème d’organisation ? Ou bien, comme le suggère l’article de Psychologies, se cache-t-il un message plus déroutant sur l’identité, les rapports à l’autre, et ce que chacun perçoit du temps qui passe ?

Le retard, symptôme ou signal ?

On pourrait se contenter de juger : il ou elle n’est pas fiable, désorganisé(e), égoïste. Pourtant, la réalité psychique du retard est souvent plus subtile. La psychanalyste Anne Longuet Marx explique que « celui qui arrive en retard agit comme s’il pouvait imposer une nouvelle règle du jeu ». Il ne s’agit pas forcément de défier l’ordre du monde ouvertement, mais d’exprimer, parfois inconsciemment, un malaise face à la pression temporelle ou à ce qu’implique le rendez-vous.
Le retard devient alors une sorte de langage, discret mais puissant. Il court-circuite la communication explicite et véhicule bien plus que des minutes perdues : une volonté d’affirmer son importance (« je fais patienter, donc j’existe »), de tester le lien (« vas-tu m’attendre malgré ma défaillance ? »), ou de fuir l’événement à venir par peur, doute ou manque d’envie.

Chez certains, le retard chronique ressemble à une lutte sans fin contre un sablier interne tyrannique. Leur rapport au temps n’est pas linéaire, mais élastique : chaque seconde qui passe sonne comme une injonction, ce qui pousse à résister, à ralentir, à bousculer l’horloge pour ne pas s’effondrer sous le poids de l’attente ou du devoir.
À l’inverse, pour d’autres, le temps s’étire simplement sans conscience du décalage, une sorte d’oubli de l’autre dans la bulle de leurs propres priorités, sans véritable volonté de nuire.

Pourquoi certains persistent-ils ? La face cachée des retards chroniques

Aucune situation de retard ne se ressemble entièrement. Mais quand le phénomène se répète souvent, il vient généralement toucher à quelque chose de profond dans l’histoire du sujet. Besoin de reconnaissance, difficulté à dire non, résistance à l’autorité, peur de mettre fin à un moment agréable ou, à l’inverse, d’affronter un enjeu relationnel : chaque motif a ses racines dans la biographie intime.
Parfois, le retard est une forme de protestation passive. « Je n’ose pas exprimer mon désaccord, alors je me rebelle en retardant ma venue », confient certains en séance. Ce geste, en apparence anodin, contient une charge émotionnelle qui dépasse l’agacement ponctuel de l’entourage. Il structure une part de l’identité : celle qui refuse d’être contrainte par les attentes extérieures.

Pour d’autres, chaque arrivée en retard est une manière inconsciente de rattraper une dette passée, de réparer un tort, ou de conserver le contrôle sur la relation à travers une dynamique étrange où l’autre attend, dépendant de leurs décisions. C’est aussi – et cela revient très souvent – une fuite plus ou moins avouée de l’inconfort : arriver en retard, c’est reculer l’instant où il faudra être à la hauteur, sous le regard de l’autre, ou au cœur de l’action.
Loin de n’être qu’un « défaut à corriger », le retard se mue alors en stratégie de survie psychique.

Le temps intérieur : autopsie d’une horloge invisible

Petit détour : qui n’a jamais ressenti, un jour, que le temps passait à un rythme singulier ? Selon le stress, l’attente, le plaisir ou l’ennui, cinq minutes peuvent sembler une éternité… ou s’écouler en un souffle. Ce phénomène subjectif, souvent peu questionné, sous-tend toutes nos chronologies intimes.
La chronobiologie nous enseigne que nous ne vivons pas tous « dans le même temps ». L’horloge circadienne, qui régule nos cycles veille/sommeil et nos pics d’attention, varie largement d’une personne à l’autresource. Certains tardent à se mettre en route le matin, d’autres carburent à l’aube. Rajoutons à cela la sur-stimulation, la charge mentale, l’éducation, le rapport à l’autorité, l’histoire familiale (enfance dans un climat anxiogène ou imprévisible, par exemple)… et le cocktail devient explosif.
« Il existe souvent une discordance entre le temps social (celui des horloges et des rendez-vous) et le temps vécu (celui des sensations et des peurs) », précise Anne Longuet Marx. Créer du retard, c’est alors s’autoriser un espace à soi, parfois vital quand la société demande toujours plus de disponibilité immédiate.

L’hypnose : un outil pour reconfigurer sa relation au temps

Comment, alors, l’hypnose peut-elle accompagner ce questionnement du temps ?
L’hypnose ne consiste pas à « reprogrammer » quelqu’un pour qu’il soit ponctuel à tout prix. Elle invite surtout à écouter cette partie de soi qui, manifestement, trouve son compte (ou croit le trouver) dans le retard.
En transe, on explore les ressentis liés à la pression du temps. On va à la rencontre de ce « moi intérieur » qui surgit à l’idée d’être en retard : Anxiété ? Soulagement ? Espace de liberté ? Estime de soi préservée ? Culpabilité ? Ces émotions, souvent brouillées dans la vie quotidienne, s’éclairent avec plus de distance. Ce processus d’observation crée les conditions d’une évolution, car le sujet ne lutte plus contre un comportement perçu comme absurde, mais dialogue avec une intention inconsciente qui a du sens.

L’hypnose permet aussi de remonter dans le passé pour interroger le moment où ce rapport au temps s’est construit. Était-ce un jour précis, une répétition, une parole reçue, un vécu d’enfant confronté à l’imprévu?
Une fois ce point clé identifié, la personne guide son imaginaire vers d’autres manières de répondre au besoin initial (sécurité, affirmation, liberté…). Petit à petit, s’installe la possibilité de choisir d’autres réponses que le retard, sans se sentir en danger ni perdu.
Sur le plan concret, des séances peuvent inclure des visualisations de rendez-vous à venir, expérimenter la sensation d’arriver sereinement en avance, ou encore imaginer un « espace tampon » où le temps n’est plus une menace.
Ce n’est pas la performance qui compte, mais la restauration d’un sentiment d’agir sur sa vie, plutôt que de la subir.

Pour les pros de l’accompagnement : adopter une nouvelle posture

Hypnothérapeutes, coachs, thérapeutes… nous avons souvent affaire à des retards. Il y a l’écume visible (la gestion du stress du planning), mais surtout l’opportunité d’interroger la dimension identitaire et relationnelle sous-jacente.
Plutôt que de pointer du doigt ou d’étiqueter « manque de respect », place à une écoute active : Que s’exprime-t-il à travers le retard ? À quelle part de la personne ce comportement rend-il service ? Quelle émotion surgit dans le cabinet quand le sujet évoque ses retards chroniques : honte, sentiment d’injustice, peur d’être jugé(e)… ou soulagement maladroit d’avoir affirmé son indépendance ?
Ce questionnement ouvre la voie à un échange plus humanisé, qui sort du juste/pas juste pour revenir au sensible. Il pose la question : « Et si votre rapport au temps était l’expression d’un besoin non-dit – comment pourrions-nous le rencontrer autrement ? »

Il ne s’agit ni de banaliser, ni de « soigner » le retard à tout prix, mais d’offrir un espace où le sujet peut entendre ce que ce comportement veut lui dire, et, s’il le souhaite, l’amener à évoluer… ou à se reconfigurer dans la relation.

En conclusion : le retard, un miroir du rapport à soi

Arriver en retard – ou se débattre contre sa propre propension à le faire – n’est jamais tout à fait neutre. Pour certains, c’est une manière de résister à une pression vécue comme oppressante, pour d’autres, un vestige d’histoires qui continuent de résonner. Occulter les messages du retard revient à taire une partie de ce qui rend chacun complexe, mouvant, vivant.
L’hypnose, loin de vouloir « éradiquer » ce symptôme, invite à s’en servir comme d’un guide. Enfin, si l’envie d’explorer ce décalage existe, il s’agira moins de traquer la ponctualité parfaite que de retrouver la liberté de choisir, chaque fois, comment et pourquoi l’on souhaite arriver, en respectant son temps… et celui de l’autre.

FAQ – Retard, rapport au temps et hypnose

Pourquoi certaines personnes sont-elles plus souvent en retard que d’autres ?

Souvent, le retard traduit un rapport subjectif au temps influencé par l’histoire personnelle, la gestion des émotions ou le besoin de conserver une forme de contrôle ou de liberté.

L’hypnose peut-elle aider à devenir ponctuel(le) ?

L’hypnose agit d’abord en aidant à comprendre le sens du retard. Elle ne force pas la ponctualité mais permet d’assouplir ses stratégies, réconcilier ses besoins et explorer d’autres manières d’agir.

Est-ce que supporter les retards signifie cautionner ce comportement ?

Non, il est possible d’accueillir le message du retard sans le valider systématiquement, notamment en posant ses propres limites ou en ouvrant le dialogue sur les ressentis et les attentes.

Comment accompagner un client toujours en retard en tant que thérapeute ?

Invitez-le à parler de sa relation au temps sans jugement, explorez ensemble les émotions associées, et proposez des outils (dont l’hypnose) pour ouvrir sur d’autres options d’ajustement, en respectant son rythme.

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Jérémy Doyen, Hypnose Orleans

Jérémy Doyen

Je suis praticien en hypnose à Orléans dans le Loiret depuis près de 10 ans (et plus de 1000 personnes accompagnées). J’ai découvert l’hypnose, il y a quelques années au hasard de certaines rencontres. Sa simplicité et son efficacité m’ont immédiatement passionné et je fais maintenant le plus beau métier du monde en accompagnant les personnes vers leurs objectifs avec une spécialisation en Arrêt Tabac.

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