Parler soulage. Se taire libère.

Jérémy Doyen, Hypnose Orleans
Sommaire

TL;DR

Quand on se sent rabaissé, notre premier réflexe est souvent de réagir… et si le vrai pouvoir était dans le silence ? L’article de Psychologies Magazine explore ce que le silence peut avoir de puissant dans les conflits relationnels. Ici, on va plonger dans cette idée sous l’angle de l’hypnose : comment elle ouvre la possibilité d’un silence non pas subi, mais choisi, pour ne plus se laisser happer par ce qui nous blesse. Pour le grand public comme les pros de l’accompagnement, un nouveau regard (et un mode d’action !) à découvrir.

À quoi ressemble le silence qui choisit ?

Imagine. Tu es devant cette personne. Encore. Celle qui, d’une phrase, te renvoie au plus petit de toi-même, qui piétine quelque chose de ton estime, comme on écrase un mégot du talon. Le cœur tape plus vite, la gorge se serre, tu sens que ça monte. Et pourtant, cette fois, rien ne sort. Pas une réplique cinglante, pas une justification, pas même un sourire de façade.

Juste le silence. Pas un silence d’impuissance, mais ce genre de silence droit, qui te fait grandir de l’intérieur. Plus de théâtre, juste toi, solide sur tes bases. Ce silence n’est pas une retraite ; il devient un rempart, une affirmation d’exister malgré tout. Mais… comment tient-on debout dedans ? Comment ne pas étouffer ce qui bouge à l’intérieur lorsqu’on refuse de répliquer ?

Réagir, c’est nourrir ?

L’article de Psychologies Magazine soulève une idée qui chatouille : réagir, c’est souvent faire le jeu de l’autre. Comme si, à chaque mot, à chaque cri, on donnait du carburant à cette petite scène de pouvoir où l’un rabaisse et l’autre tente péniblement de remonter la pente. Le silence, alors, devient un geste d’autodétermination. Pas une fuite, mais une stratégie.

Pourtant, notre société valorise souvent la réaction, l’affirmation bruyante, le « savoir se défendre » en public. Mais devons-nous porter toutes les batailles sur la place publique ? Et si la vraie force était de résister à l’impulsion, de s’offrir un petit temps « off » pour respirer, prendre du recul, et choisir sa réponse ?

Attention : il ne s’agit pas de se taire pour se dissoudre ou encaisser en silence. C’est tout l’art de distinguer la soumission du retrait volontaire. Un art subtil, qui s’apprend parfois… au cabinet d’hypnose.

Ce qui fait mal, ce n’est pas toujours la situation…

Plutôt que de décortiquer chaque mot reçu ou réponse donnée, posons-nous une question : qu’est-ce qui pique vraiment ? Souvent, ce n’est pas le commentaire de l’autre, ni même la situation, mais cette vieille blessure interne qu’il réactive. Ce sentiment d’être « toujours trop », ou « jamais assez ».

Joseph Ledoux, chercheur en neurosciences, a montré que l’amygdale cérébrale se déclenche très vite lors de situations de menace émotionnelle, déclenchant une alerte interne – même si la menace n’est pas réelle, ni physique (The Emotional Brain). Le corps, lui, croit qu’il est en danger… alors qu’il s’agit parfois juste d’une remarque.

Ce qui est fascinant, c’est que cette réaction-là, c’est surtout une histoire de mémoire émotionnelle. Et c’est là que l’hypnose entre en scène.

Hypnose et réponses automatiques : le pouvoir de la pause

L’hypnose, c’est quoi ? Ce n’est pas dormir, ni perdre sa volonté. C’est un état de conscience un peu à part, où l’on peut observer autrement ce qui nous fait réagir d’habitude. Rien de magique, simplement une façon de ralentir, d’explorer le « programme automatique » qui fait qu’on explose ou qu’on se ferme… sans même y penser.

Dans le flot quotidien, la réaction est souvent un réflexe. En hypnose, le temps semble suspendu. Ce qui permet d’explorer, justement, cet espace de choix entre stimulus (la pique) et réponse (réaction ou silence). Viktor Frankl, psychiatre rescapé des camps, aurait dit : « Entre le stimulus et la réponse, il y a un espace. Dans cet espace se trouve notre pouvoir de choisir notre réponse. ».

L’hypnose permet d’agrandir cet espace intérieur. De faire que, dans ce flottement, une personne retrouve accès à sa capacité de décision. On n’est plus juste l’enfant blessé qui répond du tac au tac. On devient l’adulte qui choisit sa posture.

Stabiliser l’émotion pour choisir le silence… sans refouler

Beaucoup croient que le silence, c’est « ravaler ». Or, tout dépend de comment on l’habite. En cabinet, on accompagne parfois des personnes qui, pour survivre à la dévalorisation, se sont coupées de leurs émotions. Elles ne sentent plus rien… en apparence. D’autres, au contraire, explosent, puis culpabilisent.

L’hypnose permet de revenir à ce qui se passe, ici et maintenant, dans le corps. De ressentir sans juger, d’accueillir la tension, la colère, la peine… et parfois de les transformer. Des approches comme l’Ego State Therapy ou la Parts Therapy aident à donner la parole à toutes nos parties, même celles qui voudraient hurler. Cela ouvre la possibilité d’un vrai choix intérieur : me taire, oui, mais sans rien étouffer.

On apprend alors à différencier deux silences : celui du masque laissé tomber, et celui de la honte rentrée. Le premier ouvre vers plus de liberté intérieure, le second enferme. Cela fait toute la différence.

Pour les accompagnants : posture d’accueil ou de réparation ?

Pour les pros de l’accompagnement, c’est toute une question d’attitude. On parle souvent d’écoute, mais concrètement, comment soutenir une personne en difficulté face à la dévalorisation ? L’erreur classique, c’est de « vouloir réparer » tout de suite : proposer des phrases toutes faites (« Tu devrais répondre ceci ! ») ou chercher à « restaurer » une estime abîmée à coups de compliments.

Or, la posture d’accueil, c’est accepter l’émotion présente, sans chercher à la faire taire, ni la rationaliser. Soutenir le processus naturel qui, parfois, passe par un silence volontaire. Le praticien peut alors guider l’autre à expérimenter, sous hypnose, ce moment où l’on ne réagit pas, mais où l’on choisit. Par des métaphores, des mouvements d’imagination, ou tout simplement le fait de « respirer dans l’espace du non-dit ».

L’enjeu, alors, n’est pas d’effacer la douleur ou de donner du pouvoir à l’ego… mais de permettre à la personne de retrouver sa propre boussole, sa capacité à répondre – ou à ne pas répondre ! – en conscience. Une posture qui s’inspire des travaux de Carl Rogers sur l’acceptation inconditionnelle et la congruence, essentiels dans la relation thérapeutique (Rogers, 1959).

Petit détour neuroscientifique : pourquoi c’est si dur parfois de choisir le silence ?

Au niveau du cerveau, la réaction à la dévalorisation active tout un circuit de stress : amygdale, cortex préfrontal, système nerveux autonome… Il faut un effort, parfois énorme, pour suspendre le réflexe de réponse.

Des études ont montré que la méditation de pleine conscience – cousine de l’hypnose sur certains points – modifie les connexions du cerveau et favorise le recul face à une provocation (Source). Sous hypnose comme dans ces pratiques, on encourage le cerveau à « observer » la situation plutôt qu’à s’y jeter.

Ainsi, choisir le silence, ce n’est pas être faible. C’est utiliser des réseaux profonds du cerveau pour garder, ou retrouver, la main sur ce qui se vit.

Pratique concrète : un exercice simple à tester

La prochaine fois qu’une remarque vous blesse, prenez une bonne inspiration. Plongez vos pensées dans la sensation de la chaise, ou du sol sous vos pieds. Fermez brièvement les yeux (si la situation le permet). Notez la première envie de répondre… puis laissez-la passer. Aucune obligation d’agir tout de suite. Donnez-vous le droit d’habiter ce silence. Et observez ce qu’il produit, en vous d’abord, puis chez l’autre.

C’est peut-être minuscule. Mais au fil des essais, vous pourrez sentir combien ce retrait n’est pas fuite : c’est un choix offert à vous-même.

Hypnose et liberté intérieure : choisir sa partition

L’hypnose, ce n’est pas une baguette magique, ni une armure mentale. Mais c’est un espace privilégié pour réapprivoiser le silence, pour questionner cette habitude de « devoir répondre ». Loin du refoulement forcé, c’est la permission de sentir, de choisir, d’éprouver que l’on existe même dans le non-dit.

Et dans cet intervalle, quelque chose se construit. Une force tranquille, différente de la revanche ou du déni. Peut-être, tout simplement, le début d’une vraie liberté intérieure.

Conclusion : Un silence qui n’a rien à prouver

Si le silence peut parfois paraître vide ou menaçant, il est, bien souvent, un espace de création. Il ne s’agit pas de ne plus réagir jamais. Mais de s’offrir, grâce à l’hypnose ou d’autres pratiques, la chance de choisir. De laisser la scène, le temps d’une respiration, et de revenir à soi. Pour ensuite, si cela a du sens, répondre. Ou pas. Mais cette fois, en étant sûr de s’être choisi, d’abord.

FAQ

Le silence, n’est-ce pas dangereux dans une relation toxique ?
Le silence, quand il est choisi et non subi, peut être une arme de protection. Mais il ne remplace pas la nécessité de se protéger physiquement ou psychologiquement d’une relation vraiment toxique. Dans les cas graves, le soutien d’un professionnel reste indispensable.

L’hypnose peut-elle empêcher de ressentir la douleur de la dévalorisation ?
L’hypnose ne supprime pas la douleur, mais elle aide à la transformer et à ne plus s’y identifier. On apprend à prendre du recul, à accueillir l’émotion sans se laisser submerger, puis à choisir sa manière d’agir.

Ce silence, ce n’est pas juste de la fuite ?
Non, si le silence est habité consciemment, il devient un acte de présence à soi. C’est une façon de marquer ses limites et de retrouver sa capacité de choix, au lieu de subir le rythme de l’autre.

En tant qu’accompagnant, comment encourager ce silence chez l’autre ?
En offrant un cadre sécurisé où la personne peut vivre et accueillir ses émotions sans pression de réagir. Parfois, accompagner consiste à soutenir ce retrait, à en faire une force, plutôt qu’un silence contraint ou honteux.

Facebook
Pinterest
Twitter
LinkedIn
Jérémy Doyen, Hypnose Orleans

Jérémy Doyen

Je suis praticien en hypnose à Orléans dans le Loiret depuis près de 10 ans (et plus de 1000 personnes accompagnées). J’ai découvert l’hypnose, il y a quelques années au hasard de certaines rencontres. Sa simplicité et son efficacité m’ont immédiatement passionné et je fais maintenant le plus beau métier du monde en accompagnant les personnes vers leurs objectifs avec une spécialisation en Arrêt Tabac.

Besoin d’un rdv ou envie de découvrir l’hypnose?

Rechercher
Combien dépensez-vous en cigarettes ?
Par mois ? Par an ?