Un simple “PAUSE” peut changer une vie

Jérémy Doyen, Hypnose Orleans
Sommaire

Le points clé de l’article:

  • Fuir l’inconfort est naturel, mais cette habitude renforce le stress et affaiblit notre régulation émotionnelle.

  • S’arrêter sans agir permet de transformer la douleur en simple signal, non en menace.

  • L’hypnose offre un cadre sûr pour observer et apprivoiser ses émotions sans les fuir.

  • Le thérapeute accompagne par sa présence, non par le contrôle : il rend l’inconfort habitable.

Quand l’inconfort frappe : Et si on ne s’échappait plus ?

Imaginez un matin ordinaire. Vous ouvrez vos mails et, bam, il en est un qui pince. Un reproche à demi-mot, une incertitude de plus, ou juste cette petite phrase qui vrille la journée. Face à l’inconfort, que se passe-t-il ? On souffle, on serre les dents, ou on se jette sur son smartphone pour « faire passer » ce qui dérange. Parfois, on réagit sans même s’en rendre compte. Distrait, affairé, occupé à se débarrasser de la sensation pas nette. On cherche la pause, la fuite, n’importe quoi pour éteindre la brûlure.

L’automatisme de la fuite : quand la pause est un réflexe

La plupart d’entre nous le fait sans réfléchir : face à une émotion inconfortable, avant même de pouvoir la nommer, on enclenche un mécanisme vieux comme le monde. On réagit, on compense, on rumine. Tout plutôt que de sentir. Ce réflexe, décrit dans l’article de Psychology Today, fait écho au besoin humain d’éviter la douleur. Nos cerveaux sont câblés pour la sécurité, pas pour la traversée de l’inconfort.

Rien de plus normal, en soi. Le problème, c’est ce qui se glisse dans la répétition de cette habitude. À force de toujours “pousser pause” – fuir dans le travail, la distraction, le scroll, ou même la pseudo-gestion des émotions – on obtient l’inverse de l’apaisement. On renforce la peur de se confronter simplement… à ce qui est là.

La science le confirme. Evitement et anesthésie émotionnelle augmentent le stress chronique, et fragilisent la régulation émotionnelle à long terme (voir étude de Aldao, Nolen-Hoeksema & Schweizer, 2010 sur les stratégies de régulation émotionnelle). À force de tout esquiver, c’est notre capacité à nous adapter qui diminue.

Arrêt sur image : le paradoxe du non-agir

Et si, au lieu de paniquer ou d’agir par réflexe, on faisait l’expérience inverse ? Prendre une pause, oui, mais pas pour fuir. Pour regarder. S’arrêter, c’est ouvrir la porte à un autre dialogue avec soi-même.

Ce n’est pas de l’inaction. C’est un acte volontaire : accueillir la sensation, le picotement, la tension. Faire un arrêt sur image. “Ok, là j’ai mal à l’estomac.” “Là, mon cœur accélère.” L’inconfort devient alors un signal, non plus une menace absolue. Paradoxalement, en osant “ne rien faire”, on gagne du terrain sur le ressenti. On retrouve, petit à petit, une emprise sur ce qui se passe à l’intérieur.

Cette logique du non-agir, les neurosciences l’observent désormais : la capacité de s’exposer de façon maîtrisée aux émotions difficiles (plutôt que de les fuir) développe la résilience et l’autonomie émotionnelle (cf. Kross et al., 2010). Il s’agit de faire alliance avec l’inconfort, pas de lui faire la guerre.

L’hypnose : un laboratoire attentionnel pour apprivoiser l’inconfort

Là où la pleine conscience propose l’observation neutre, l’hypnose place la personne dans un laboratoire vivant du ressenti. Un cabinet d’hypnose, c’est d’abord ça : un endroit sécurisé où l’on peut s’entraîner à regarder ses propres réactions, à l’intérieur, sans pression de changer ou d’agir.

Dans la pratique, cela commence par des consignes simples :

  • “Notez ce qui est là, maintenant, sans modifier le moindre ressenti.”
  • “Fermez les yeux un instant. Où ressentez-vous la tension ?”
  • “Que se passe-t-il, si vous laissez simplement venir l’inconfort ?”

En hypnose, l’état modifié de conscience agit comme un catalyseur : il suspend le “faire” compulsif. Cela ne veut pas dire passivité – mais bien une mise à distance temporaire des automatismes de fuite. On déclenche alors des réponses internes inédites : l’émotion est contactée en direct, parfois dans sa forme la plus brute – mais sans jugement, sans projection de scénario.

Ce moment, souvent vécu comme décisif, permet une bascule : du “subir et fuir”, on passe au “ressentir et transformer”.

La bascule en séance : observer le déclic

C’est l’une des expériences-clés en hypnose : le client qui, pour la première fois, ose ne rien faire face à l’inconfort. Il ne cherche plus à se couler dans le moule d’une réaction attendue. Pas besoin de résoudre, d’expliquer, ni même de comprendre tout de suite. Juste…être là. On sent, alors, dans le ton de voix, le geste, parfois une micro-teinte de soulagement : le corps s’autorise, pour la première fois parfois, à exister autrement avec la sensation.

C’est là que l’autonomie émotionnelle réapparaît. Car cette “pause active” créée en séance pose les jalons d’une nouvelle manière d’être avec soi-même. On expérimente, sur le mode du “comme si”, une relation différente à la douleur, à l’angoisse, à l’incertitude. Et ce qui est accueilli se transforme. La relation à l’inconfort change: d’ennemi, il devient juste un passager de notre expérience.

Professionnels : accompagner sans agir pour l’autre

Pour les accompagnants (hypnothérapeutes, coachs, thérapeutes…), cette posture peut bouleverser. La tentation de “rassurer”, de donner tout de suite des solutions, de réguler l’intensité émotionnelle, est omniprésente dans les premiers entretiens. Pourtant, c’est précisément dans ce non-agir apparent que se joue une part de la responsabilisation du client.

Le cadre hypnotique est une invitation à l’expérience directe – pas un lieu d’explication ou d’analyse. Plus que le “conseil”, c’est la sécurité relationnelle qui permet au client de s’aventurer au contact de l’inconfort. Le praticien incarne une présence solide, tranquille : il n’évite pas la tension du moment ; il la rend habitable, “fréquentable”.

Ce rôle n’est pas neutre : il suppose de tolérer le malaise, de différer le soulagement, de ne pas tout comprendre ni contrôler. L’attitude juste, c’est parfois (souvent, même) d’oser ne rien faire : laisser le processus s’accomplir de lui-même – ce que tout bon hypnothérapeute saura apprécier à sa juste mesure.

Petite exploration guidée : “Pause consciente”

Vous voulez expérimenter ? Voici une séquence à tester chez vous, inspirée des séances d’hypnose :

  1. Asseyez-vous confortablement, yeux ouverts ou fermés.
  2. Laissez venir à l’esprit une situation récente, un mot, une image qui a provoqué un inconfort.
  3. Repérez, là tout de suite, comment votre corps réagit. Où ça se passe ? Quelle sensation ?
  4. Observez, sans juger, sans chercher à la modifier. “Intéressant” ; “C’est comme ça”.
  5. Laissez passer une ou deux minutes, juste à observer. Notez si la sensation change, s’intensifie… ou si votre envie de “faire quelque chose” se présente : juste la regarder aussi.

À la fin, respirez profondément. Rien d’autre à faire. Prenez un instant pour sentir ce que cette suspension a laissé en vous.

Conclusion : Laisser vivre le ressenti, c’est déjà changer

Quand nous cessons de fuir l’inconfort, un déclic peut apparaître, tout simple : la sensation fait moins peur. On gagne, séance après séance, une forme de liberté intérieure. La maîtrise, paradoxalement, passe par le lâcher-prise – non pas au sens du renoncement, mais de l’accord à ce qui est là. Il ne s’agit pas de tout contrôler, mais d’accepter, parfois, de ne rien faire. C’est l’une des libertés précieuses que cultive l’hypnose : se donner la permission de ressentir, et découvrir, dans ce “vide” apparent, le point d’appui d’un nouveau pouvoir sur sa vie intérieure.

FAQ

Est-ce que l’hypnose consiste seulement à accepter ses émotions ?
Non, l’hypnose va plus loin : elle permet d’explorer les émotions, de modifier leur intensité ou leur impact, mais cela commence souvent par l’acceptation et l’observation sans jugement. Le travail sur l’inconfort prépare le terrain à la transformation.

Comment savoir si l’on fuit l’inconfort dans la vie quotidienne ?
Les signes : on multiplie les distractions (téléphone, nourriture, travail), on se lance dans la résolution rapide de problèmes, ou on cherche à rationaliser immédiatement ses réactions. La fuite commence là où l’on refuse de ressentir pleinement une émotion.

La “pause consciente” suffit-elle à résoudre un problème émotionnel ?
Ce n’est pas une solution miracle, mais un premier pas. La pause consciente permet d’ouvrir un espace où la transformation devient possible. Pour certains, c’est une étape libératrice ; pour d’autres, un préalable avant un travail plus approfondi, notamment en hypnose.

Comment accompagner un client qui “ne sent rien” ou refuse le contact avec ses émotions ?
Respectez le rythme du client. Privilégiez de petits exercices d’attention corporelle, de micro-pauses. L’idée n’est pas de forcer, mais d’offrir un espace où l’absence de ressenti soit elle-même un point de départ. L’accueil bienveillant reste la clé.

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Jérémy Doyen, Hypnose Orleans

Jérémy Doyen

Je suis praticien en hypnose à Orléans dans le Loiret depuis près de 10 ans (et plus de 1000 personnes accompagnées). J’ai découvert l’hypnose, il y a quelques années au hasard de certaines rencontres. Sa simplicité et son efficacité m’ont immédiatement passionné et je fais maintenant le plus beau métier du monde en accompagnant les personnes vers leurs objectifs avec une spécialisation en Arrêt Tabac.

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