Les biais cognitifs sabotent votre regard… à votre insu

Jérémy Doyen, Hypnose Orleans
Sommaire

Points-clé de l’article:

  • Tous les humains sont traversés par des biais cognitifs, souvent invisibles.
  • Comprendre et débusquer ces distorsions est essentiel en accompagnement.
  • L’hypnose facilite la prise de conscience et la transformation des perceptions biaisées.

Nous sommes tous biaisés : voyage au cœur des distorsions mentales et de l’hypnose

Il y a ce moment précis, dans une journée trop remplie, où vous vous surprenez à juger quelqu’un – ou vous-même – avec une pensée tranchée, définitive. Vous êtes persuadé d’avoir raison. Tout vous le confirme : souvenirs, impressions, émotions à vif… Puis, en y repensant, un doute. D’où ça sort, au juste ? Cette certitude, était-elle vraiment la vôtre, ou un mirage construit par votre cerveau ? Imaginez-vous, un instant, assis dans le cabinet feutré d’un hypnothérapeute. On ne cherche ni à “convaincre”, ni à “corriger” – simplement à explorer comment, imperceptiblement, votre esprit tricote sa réalité. C’est là que commence la grande danse des biais cognitifs.

Plongée dans l’univers des biais cognitifs : quand notre cerveau distord la réalité

On s’imagine souvent être des êtres rationnels, capables d’objectivité. En réalité, notre cerveau est un formidable producteur de raccourcis. Ces raccourcis – les biais cognitifs – influencent tout : la façon dont nous percevons les autres, prenons des décisions, interagissons. Parfois ils nous aident (“ne traverse pas au feu rouge !”), parfois ils ferment impitoyablement nos horizons (“ce client va forcément rechuter, il l’a déjà fait”).

L’article de Verywell Mind met en lumière douze de ces distorsions parmi les plus courantes. Vous y retrouverez le biais de confirmation, celui de négativité, l’effet de halo… Selon la psychologue Kendra Cherry, chacun de ces filtres colorie notre façon de capter et d’interpréter le monde, parfois sans qu’on s’en aperçoive.

Douze biais, une infinité de routes mentales

Listons-les pour mieux les ressentir :

Biais de confirmation : On cherche inconsciemment des preuves qui valident nos croyances, en négligeant tout ce qui les contredit.
Biais d’ancrage : La première information reçue “ancre” l’ensemble de notre jugement, comme une couleur sur la palette.
Biais de négativité : Le négatif pèse plus lourd que le positif, dans nos mémoires et nos réactions.
Biais de disponibilité : Ce qui revient fréquemment à l’esprit nous semble plus probable ou “vrai”.
Effet de halo : Une seule qualité (ou défaut) rejaillit sur tout le reste (ex : beauté = compétence).
Biais de statu quo : Préférence pour ce qui existe déjà, peur de changer.
Effet d’autocomplaisance : Succès attribué à nos efforts, échecs à des facteurs extérieurs.
Biais d’optimisme : L’illusion que les choses nous arriveront “forcément mieux” qu’aux autres.
Biais de représentativité : On classe les gens/événements selon des stéréotypes immédiats.
Biais de projection : Notre schéma émotionnel personnel projeté sur autrui.
Biais rétrospectif (“j’avais tout vu venir”) : L’illusion, après coup, que l’issue était “prévisible”.
Biais d’auto-handicap : On se met, inconsciemment, en difficulté pour excuser un éventuel échec.

Chacun de ces biais a sa propre texture, sa coloration. Aucun n’est “mauvais” en soi : ils sont présents chez tout le monde, tout le temps. Ce qui importe, dans l’accompagnement et plus largement dans la relation à soi, c’est de savoir les reconnaître. D’observer comment ils opèrent… et d’oser y apporter de la souplesse.

Pourquoi ces raccourcis ? Un cerveau rapide… mais parfois trop

Pourquoi notre esprit aime-t-il tant les biais ? Parce qu’ils économisent de l’énergie ! Penser demande un effort, reprendre tout à zéro serait épuisant. Les biais cognitifs servent de “filtres automatiques” – parfois adaptés, parfois carrément contre-productifs.

Daniel Kahneman, prix Nobel d’économie et grand spécialiste de la question, distingue deux modes de pensée dans ses travaux : le système 1 (rapide, intuitif, automatique) et le système 2 (lent, réfléchi, analytique). Les biais se logent surtout dans le premier. Voilà pourquoi il est si difficile de s’en débarrasser par une simple explication, ou en demandant à quelqu’un “de réfléchir autrement”.

Accompagner le changement : insuffler de la curiosité plutôt qu’un verdict

Dans la relation d’accompagnement – que l’on soit thérapeute, coach ou simplement à l’écoute – détecter les biais est fondamental. Mais il ne s’agit pas de “corriger” dès qu’un biais survient. Au contraire : il faut de la curiosité. Où ce biais s’est-il logé ? Quel “service” rendait-il ? Quelles zones-blindés protège-t-il en filigrane ?

L’hypnose thérapeutique offre ici un terrain de jeu singulier. Car au lieu de discuter avec le mental rationnel (doué pour argumenter… dans sa propre logique biaisée), elle va directement explorer l’expérience vécue, les sensations, les images, les affects. Il ne s’agit pas d’“écraser les biais”, mais de permettre à la personne de remarquer, par elle-même, comment fonctionne sa perception – et parfois de regarder la scène depuis une autre perspective intérieure.

L’hypnose : un accès direct à nos distorsions… et à nos potentiels

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi certains souvenirs douloureux semblent si “vrais”, malgré l’évidence du contraire ? Ou pourquoi, face à une même situation, deux personnes vivent deux réalités opposées ? C’est la carte de nos biais, incarnée en images, odeurs, impressions.

En hypnose, on s’autorise à explorer ces boucles. Par exemple : plutôt que de raisonner sur une peur irrationnelle (“Ce chien va me mordre, j’en suis sûr”), l’accompagnant invite à replonger dans la sensation, à s’ouvrir à d’autres ressentis, d’autres souvenirs. C’est là que, parfois, la croyance vacille : “Tiens, ce n’est pas si clair que ça…”
Ce déplacement n’opère pas avec des arguments. Il surgit de l’intérieur : on fait l’expérience d’un autre possible perceptif, ce qui fissure la prise du biais et ouvre, peu à peu, un espace de liberté.

Cas concrets : le terrain du quotidien et de la séance

Imaginons C., qui “sent” que ses collègues le jugent constamment. Il est convaincu qu’un geste, une expression, sont autant de preuves. En séance, l’hypnose permet de rendre cette certitude malléable. Au lieu de “corriger” (“c’est du biais de confirmation !”), l’accompagnement propose d’explorer ce que cela fait, dans le corps, de croire que les autres ont toujours ce regard-là. Qu’advient-il si, juste pour une minute, on change de perspective ? Le corps se détend, le scénario se fissure… et avec lui, la croyance.

Un autre exemple : en période de stress, beaucoup voient l’avenir en noir (“ça va forcément mal finir”). Le biais de négativité enferme les choix. Là encore, l’hypnose fait un pas de côté. Plutôt que de contester l’idée, on invite à explorer d’autres images, d’autres futurs possibles… On raccroche à une mémoire d’espoir, on s’autorise à ressentir, vraiment, qu’autre chose est envisageable.

Pour les praticiens : cultiver l’écoute des biais sans tomber dans le piège… du biais du praticien

Accompagner, oui, mais sans “savoir à la place de l’autre”. Les pros de l’hypnose ou de l’accompagnement sont eux aussi faits de biais – y compris celui de croire, parfois, qu’ils sont “plus lucides” ou “objectifs” que leurs clients ! La vigilance est double : observer les biais du client, mais aussi les siens.

Dans la posture hypnotique, “je ne sais pas” est un mantra salutaire. Il permet de rester ouvert, d’éviter d’étiqueter (ex : “toujours ce biais de négativité chez lui”). L’enjeu : tenir la main du questionnement, et éviter la tentation du diagnostic-fermeture.

Ouvrir toutes les portes de la perception

Reconnaître que l’on voit le monde à travers des lunettes déformantes n’est ni inquiétant, ni une fatalité. C’est une invitation à la souplesse et à la découverte. L’hypnose, en ce sens, n’“enlève” rien : elle donne accès à d’autres points de vue intérieurs, qui coexistent. Au fond, chaque biais – une fois mis en lumière – devient une porte vers plus de liberté.

FAQ – Biais cognitifs et hypnose

Peut-on vraiment supprimer ses biais cognitifs ?

Non, on ne peut pas les supprimer car ils sont structurels à notre fonctionnement. On peut par contre apprendre à les reconnaître et les rendre moins “automatiques”.

L’hypnose est-elle efficace pour changer en profondeur ses schémas de pensée ?

Oui, car elle donne accès à l’expérience vécue, là où le raisonnement logique atteint vite ses limites. Elle permet d’expérimenter d’autres perspectives de façon concrète.

Un praticien peut-il détecter tous les biais de son client en séance ?

Non, car certains biais sont très subtils ou inconscients. L’essentiel n’est pas de “tout voir”, mais de cultiver une attention bienveillante et ouverte.

Comment travailler ses propres biais en tant qu’accompagnant ?

En cultivant l’auto-observation, la supervision et le questionnement régulier de sa pratique. S’entourer de pairs et accepter d’être remis en question aide à gagner en lucidité.

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Jérémy Doyen, Hypnose Orleans

Jérémy Doyen

Je suis praticien en hypnose à Orléans dans le Loiret depuis près de 10 ans (et plus de 1000 personnes accompagnées). J’ai découvert l’hypnose, il y a quelques années au hasard de certaines rencontres. Sa simplicité et son efficacité m’ont immédiatement passionné et je fais maintenant le plus beau métier du monde en accompagnant les personnes vers leurs objectifs avec une spécialisation en Arrêt Tabac.

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