“Trop plates, trop molles” : quand les fesses deviennent un problème

Jérémy Doyen, Hypnose Orleans
Sommaire

En bref:

Pourquoi les fesses sont-elles un complexe pour les femmes ? (source Psychologies.com)

  • Le regard social façonne le rapport au corps et renforce les complexes.
  • L’image de soi n’est pas une question de morphologie mais de ressenti vécu.
  • L’hypnose guide vers une réconciliation intérieure, loin des diktats du miroir.
  • Estime de soi : se reconnecter à la sensation, pas à l’apparence.

Quand le miroir devient juge

Chaque matin, c’est le même rituel. Devant le miroir, une femme scrute sa silhouette, détaille son profil. Un soupir, parfois un sourire gêné. Trop plates, trop rondes, trop flasques, trop musclées… Les fesses deviennent un point de fixation, le territoire d’une bataille silencieuse. En apparence, il ne s’agit “que” d’une partie du corps. Mais ce que ce miroir renvoie, c’est bien plus qu’une simple image : c’est l’écho du regard des autres, filtré par des décennies de normes et d’exigences posées comme des lois invisibles.

Qui, ici, n’a jamais ressenti cette pression ? Qui, en cabine d’essayage, ne s’est pas interrogé sur le “trop ceci” ou “pas assez cela” ? Les fesses, symbole de féminité mais aussi de contrôle social, cristallisent les contradictions. Tillie, 37 ans, confie : “J’ai grandi avec l’idée que j’aurais dû avoir autre chose, autrement. Aujourd’hui encore, je n’arrive pas à m’en détacher.”

Ce sentiment d’insatisfaction n’est pas individuel. Il est partagé, amplifié, transformé par le bruit de fond médiatique, les injonctions publicitaires, les diktats instables de la mode. À la fin, on en oublie presque que les fesses ne sont pas qu’une surface à comparer, à juger, à réparer – mais une zone vivante, nerveuse, sensible, qui participe à l’équilibre, au mouvement, au plaisir.

Le complexe comme héritage social

Dans son article Pourquoi les fesses sont-elles un complexe pour les femmes ?, Psychologies pointe du doigt la racine du mal : notre rapport aux fesses est modelé bien plus par la culture que par la génétique. La morphologie, bien sûr, existe. Mais la honte, le malaise, la gêne, eux, naissent du regard collectif avant tout.

Il y a cent ans, les robes couvraient, masquaient, posaient d’autres questions. Après la Révolution industrielle, les courbes deviennent argument de vente, puis indice de moralité. Trop plat ? Soupçon d’anorexie ou de pauvreté. Trop rebondi ? Soupçon d’indécence ou d’exotisme. À chaque époque, son fantasme, sa borne, son couperet.

Aujourd’hui, entre la fête du booty sur Instagram et la tyrannie du fitness, l’injonction s’est sophistiquée. Il ne suffit plus d’être “fine” ou “ronde”. Il faut “plaire à l’œil”, mais selon quelle norme ? Les jeunes femmes se retrouvent coincées entre la quête d’acceptation (par elles-mêmes, par les autres) et la peur du rejet, du commentaire blessant, de l’humiliation discrète dans un vestiaire ou un regard.

Le corps féminin, souligne l’article, devient un chantier permanent. Et les fesses, par essence ambiguës – ni tout à fait privées, ni tout à fait publiques –, nourrissent les complexes mieux que n’importe quelle autre zone.

Corps plastifié, image falsifiée : la dictature de l’extérieur

La souffrance ne vient pas seulement de ce que l’on est, mais de ce que l’on croit devoir être. Et ce que l’on doit “être”, trop souvent, c’est ce que l’on “voit” autour de soi, transformé par des filtres, des retouches et des récits trafiqués.

En hypnose, cette mécanique du regard extérieur devient centrale. Tant que l’image de soi se construit dans l’œil supposé de l’autre, on reste prisonnier. Prisonnier d’un idéal de plastique, de norme imposée, jamais totalement accessible (parfois même à celles qui semblent l’avoir atteint !).

C’est le piège de la comparaison : “Je suis différente, donc je ne suis pas assez”. On oublie vite que la différence est la règle, et que l’uniformité, au contraire, est une invention récente, liée à des intérêts extérieurs (publicité, mode, réseaux sociaux).

Vous rappelez-vous ce moment enfant où l’on courait sans penser à l’allure de son corps ? Où l’on s’asseyait dans l’herbe, insouciante, sans penser à la courbe de ses fesses ? Cette liberté, ce naturel-là, disent beaucoup. Mais ils témoignent aussi de ce qu’on a perdu, au fil des ans.

La (re)connexion au corps vécu : l’apport de l’hypnose

Et si le vrai problème n’était pas la forme, mais la coupure avec la sensation ? Si ce qui fait souffrir, ce n’est pas “avoir telles fesses”, mais “ne plus les sentir comme les siennes” ?

C’est là que l’hypnose, en séance ou en auto-hypnose, rebat les cartes. Loin des affirmations toutes faites (“Aimez-vous comme vous êtes !”), on propose une autre voie : réapprendre à habiter son corps, de l’intérieur. Guidée, progressive, cette pratique permet de remettre la sensation au centre.

En consultation, on commence souvent par des visualisations simples : poser la main sur sa cuisse, sentir la température de la peau, la densité du muscle, le contact du tissu. Puis on laisse la personne explorer, en sécurité, sans jugement, ce qui se passe en elle quand elle imagine, par exemple, s’asseoir, marcher, danser.

Étonnamment, c’est quand le corps redevient territoire senti (au lieu de n’être qu’un objet vu) que le rapport change. Ce qui était “trop mou” devient simplement doux ; ce qui était “trop plat” devient léger, mobile, adapté au mouvement. Ce travail, c’est comme remettre les pendules à l’heure : réparer une communication coupée entre soi et soi.

Dans la pratique, on voit naître de vraies réconciliations. La personne apprend à distinguer ce qui vient d’elle, et ce qui est hérité, collé, projeté. Elle sent – et non juge – la vie qui traverse ce corps. La liberté, alors, c’est d’habiter “son” corps, pas celui d’un standard impersonnel.

Hypnose, estime de soi et nouveaux repères

Fixer le miroir, c’est parfois perdre le fil de l’intérieur. L’hypnose propose le contraire : fermer les yeux sur l’image imposée, ouvrir un espace pour retrouver la sensation, la subtilité, la part inaliénable du vécu.

En séance, on invite souvent à localiser les sensations agréables, là où le corps répond, là où il dit “oui”. Pour certaines, c’est dans le bassin, pour d’autres, dans la poitrine ou la gorge. Progressivement, cette carte sensorielle devient plus vivante, plus sûre.

L’objectif n’est pas de tout aimer, mais de sortir du pilotage automatique de la haine ou de la honte. En réapprenant à écouter ses sensations plutôt qu’à traquer ses défauts, on lâche la tyrannie de l’extérieur.

C’est un chemin concret : passage du “je vois, donc je juge” au “je sens, donc je suis”. La satisfaction ne passe plus par la validation de l’entourage, mais par un accord intime, intime et profondément apaisant.

Professionnels de l’accompagnement : quelle posture adopter ?

Pour les thérapeutes, coachs, accompagnant·es, la question du corps est sensible, parfois piégée. Il ne s’agit pas “d’aider à aimer son corps à tout prix”, ni de nier la réalité du malaise. En hypnose, la posture gagnante est celle de la curiosité, de l’écoute, de la nuance.

Face à une personne qui souffre de son image (fesses ou autre), il s’agit moins de proposer un “réenchantement” magique que d’ouvrir une brèche : Et si on explorait, ensemble, ce qui est là, sans verdict ?

C’est accepter que le langage du corps ne se résume pas à celui du miroir. Que la douleur vient souvent d’une scission entre l’histoire qu’on s’est racontée et la vie concrète, celle qui palpite. Accompagner, dans ce contexte, c’est permettre un passage : du regard hérité vers le ressenti retrouvé.

On travaille alors sur la disponibilité émotionnelle, la sécurité, l’ancrage. On utilise la voix, le rythme, la suggestion pour inviter à la reconnexion, pour remettre du vivant là où il n’y avait que de l’image.

En pratique : une séance de réconciliation

Imaginons : la personne s’installe, ferme les yeux, s’ancre dans sa respiration. On l’invite à sentir l’appui de ses fesses sur le siège. Peut-être au début, un malaise. C’est normal. Doucement, plutôt que de juger, on amène de la curiosité : que ressent-elle ? Chaleur, froid, tension, relâchement ?

On propose alors d’élargir : non plus seulement sentir, mais regarder de l’intérieur, comme si les tissus, la peau, la vie étaient des paysages. Parfois, des souvenirs remontent – une remarque blessante, un moment de gêne, un fou rire partagé. Tout cela est accueilli, posé, déconstruit.

Ce n’est pas spectaculairement rapide, mais incroyablement réparateur. Peu à peu, la personne sent qu’elle a le droit d’exister dans son propre cadre. Qu’elle n’est pas enfermée dans un cliché.

Ce qui était verrouillé devient mobile, dans tous les sens du terme. L’image s’assouplit, le vécu gagne.

Conclusion : de la surface à la sensation, une liberté retrouvée

Il ne s’agit pas d’aimer un joli contour, mais de retrouver un lieu à soi, une façon d’habiter son corps sans s’y perdre. L’hypnose ne promet pas d’effacer, encore moins de standardiser : elle propose d’élargir.

Derrière l’obsession des fesses – ou de toute autre partie jugée “imparfaite” – une question plus vaste s’invite : suis-je encore chez moi, dans ce corps, ou à la merci d’un standard ?

Quand on s’autorise ce retour sensible, c’est toute l’estime de soi qui change. Moins soumise aux modes, plus ancrée, peu à peu, dans la sensation simple et libérée d’être vivante.

FAQ hypnose, image du corps et complexes féminins (SEO)

L’hypnose peut-elle vraiment aider à mieux vivre avec ses complexes corporels ?

Oui, l’hypnose permet d’explorer son rapport au corps sous un angle sensoriel, d’apaiser le jugement intérieur, et de favoriser une perception plus apaisée et concrète de soi-même.

Combien de séances sont nécessaires pour commencer à ressentir un changement ?

Cela varie selon les personnes. Souvent, quelques séances suffisent pour éprouver une évolution dans le ressenti corporel. Un travail régulier permet d’ancrer ces transformations dans la durée.

Est-ce que cette approche fonctionne aussi pour d’autres parties du corps ?

Oui, le principe de reconnexion sensorielle s’applique à toutes les zones sujettes aux complexes ou à la dissociation. L’hypnose accompagne un retour global à l’aisance corporelle.

Puis-je pratiquer l’auto-hypnose pour travailler sur mon rapport au corps ?

Absolument. De nombreux exercices d’auto-hypnose existent pour améliorer la relation au corps. Un accompagnement professionnel peut aider à débuter, puis l’auto-hypnose devient un outil accessible au quotidien.

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Jérémy Doyen, Hypnose Orleans

Jérémy Doyen

Je suis praticien en hypnose à Orléans dans le Loiret depuis près de 10 ans (et plus de 1000 personnes accompagnées). J’ai découvert l’hypnose, il y a quelques années au hasard de certaines rencontres. Sa simplicité et son efficacité m’ont immédiatement passionné et je fais maintenant le plus beau métier du monde en accompagnant les personnes vers leurs objectifs avec une spécialisation en Arrêt Tabac.

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